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En Champagne, les vignes semi-larges changent les habitudes au vignoble

Agnès Laumont-Davoine 2 min de lecture

Encore peu présentes dans le vignoble champenois, les vignes semi-larges commencent à montrer leurs effets sur le travail des exploitations. Selon france3-regions.franceinfo.fr, elles ont d’abord été expérimentées dans les années 2000, avant d’être intégrées au cahier des charges du Comité Champagne en 2022.

À Courteron, dans l’Aube, la famille Demey exploite une parcelle de ce type. Cette année, il s’agit de la dernière parcelle vendangée de l’exploitation. Les rangs y sont espacés de 1,8 mètre et montent jusqu’à 2 mètres de haut. Pour les vendangeurs, cette configuration change le geste quotidien : les grappes de pinot noir sont plus accessibles, avec moins de besoin de se baisser.

Un intérêt face au climat

Le viticulteur Pierre Demey explique à france3-regions.franceinfo.fr que ces vignes ont mieux résisté au gel dans la côte des Bar, secteur sensible à ce risque. Le fait que le plant soit placé plus haut que dans un palissage traditionnel réduirait l’impact du froid sur la parcelle.

Ces vignes plus espacées présentent aussi un intérêt lors des années pluvieuses. En 2024, l’aération aurait contribué à limiter les maladies. En période de sécheresse, l’espacement entre les plants est également mis en avant par le Comité Champagne. Vincent Martin, membre de sa commission technique, indique que, dans les vignes moins denses, le plant dispose de davantage d’eau pour se nourrir et garde ainsi plus de potentiel de croissance et de vie.

Des pratiques à adapter

Les rendements observés sur cette parcelle sont assez proches de ceux des vignes basses voisines. Le raisin récolté dans les vignes semi-larges présente toutefois un taux d’acidité plus élevé, selon france3-regions.franceinfo.fr.

Ce mode de conduite demande aussi des changements matériels. Pour sortir les caisses, l’exploitation Demey ne peut pas utiliser d’enjambeur et a dû investir dans un microtracteur. Le développement de ces vignes reste limité par le renouvellement difficile d’un vignoble champenois encore très morcelé. Elles représentent aujourd’hui une centaine d’hectares sur les 34 000 hectares de l’appellation Champagne.

Source : france3-regions.franceinfo.fr

Agnès Laumont-Davoine

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