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Champagne : la révision de l’aire d’appellation abandonnée après 23 ans

Agnès Laumont-Davoine 2 min de lecture
Champagne : la révision de l’aire d’appellation abandonnée après 23 ans

L’aire d’appellation Champagne ne sera pas redessinée dans le cadre de la procédure engagée en 2003. Ce mercredi 21 octobre 2026, les administrateurs du Syndicat général des vignerons (SGV), réunis à huis clos à Épernay, ont décidé d’y mettre fin, rapporte france3-regions.franceinfo.fr. Cette révision devait permettre l’entrée de nouvelles communes productrices, mais aussi le retrait de certaines.

Des critères bousculés par le climat et le marché

Le SGV considère que les conditions ont trop changé pour achever ce chantier conçu il y a 23 ans. Il souligne une hausse d’environ un degré de la température moyenne, qui touche aussi les sols, une progression de l’ensoleillement et une évolution des pluies. Ces changements remettent en question les critères utilisés pour identifier les terrains les plus favorables à la vigne.

Pour le syndicat, une délimitation engageant l’appellation pendant plusieurs décennies ne peut donc pas reposer sur des critères établis avant que ces évolutions soient mesurables. Son président, Maxime Toubart, souhaite d’abord une réflexion sur le champagne à produire demain, son identité et ses terroirs.

Le marché a lui aussi changé. Au lancement de l’étude, la filière envisageait d’atteindre 340 millions de bouteilles vendues. De septembre 2025 à septembre 2026, les expéditions ont atteint 271 millions de bouteilles. L’export, passé de 41 % des expéditions en 2003 à 58 % en 2025, expose également davantage la filière aux tensions commerciales et géopolitiques.

Le maintien du périmètre actuel

Pour les communes et les propriétaires de parcelles qui espéraient intégrer l’appellation, cet arrêt ferme la perspective ouverte par cette procédure. À l’inverse, il maintient la situation des communes qui craignaient d’en sortir. Dans la Marne, Germaine et Orbais avaient été citées parmi les communes susceptibles de quitter l’aire, dans une liste qui n’a jamais été officielle.

Les experts de l’INAO travaillaient depuis 2011 sur cette délimitation et devaient achever leurs travaux d’ici la fin de l’année. D’autres communes pourraient toutefois tenter la voie du contentieux : en 1999, Fontaine-sur-Ay avait intégré l’aire de production à la suite d’une décision du Conseil d’État.

Source : france3-regions.franceinfo.fr

Agnès Laumont-Davoine

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